Avec Justice League, le premier vrai rassemblement du DC Comics Extended UniverseDCEU ) est enfin là. Un projet compliqué puisque, d’une part, scénaristiquement, il fallait introduire de nouveaux héros qui n’avaient pas encore eu leur film dédié, et d’une autre part car Zack Snyder (300, Watchmen, Man Of Steel, Batman V Superman…), initialement sur le projet, a dû le quitter pour suite à un drame familial. Le flambeau a été passé à Josh Whedon, déjà scénariste sur le film et habitué des blockbusters de super-héros chez Marvel (Avengers 1 et 2), qui s’est occupé principalement de la post-production (en plus de remaniement de l’histoire, ce qui a entraîné des reshots et un nouveau montage)

Malgré tout cela, est-ce que Warner Bros. a réussi enfin à nous pondre un film de super-héro digne de ce nom ? Et bien OUI ! Le souci est que… tout le monde sait le faire depuis 10 ans. Le film suit un schéma classique, avec des enjeux assez moyens. Déjà, de quoi ça parle ?

Superman (Henry Cavill) est mort, il s’est sacrifié pour sauver la Terre contre le maléfique Doomsday (coucou le spoil de Batman V Superman !) Le monde vit alors dans une certaine crainte, car l’être incarnant Dieu n’étant plus là, cela ouvre la porte à tous les crimes et menaces possibles. Ce qui ne tarde pas à arriver : la planète se fait envahir par des Paradémons, êtres démoniaques volants, dirigés par Steppenwolf, le bras droit du tant teasé Darkseid (que vous ne verrez toujours pas ici) Bruce Wayne alias Batman (Ben Affleck), a retrouvé foi en l’Humanité et en Superman. Il décide donc, avec l’aide de WonderWoman (Gal Gadot) de recruter des méta-humains, à savoir Aquaman (Jason Momoa), le maître du monde d’Atlantis, Flash (Ezra Miller), qui découvre tout juste ses pouvoirs de vitesse hallucinante et Cyborg (Ray Fisher), l’homme mi-humain, mi-robot kryptonien. Tous ensemble, ils vont s’unir et combattre Steppenwolf… Seront-ils assez sans l’Homme de Fer ?

À la fin de la séance, j’avais presque la sensation que Justice League rattrapait enfin les bourdes de Warner/DC, mais plus j’en parlais, moins ça allait dans ce sens et finalement, je préfère BvS …

Affiche du film Justice League

Voici 5 raisons de ne pas aimer Justice League :

I – L’arrivée des nouveaux personnages :

Aquaman, Flash et Cyborg ont été un poil annoncé lors de BvS, avec des caméos par-ci par-là, sans que cela suffise à ce qu’on sache vraiment qui ils sont. Lors du recrutement de Bruce Wayne, on a l’impression qu’on est censé déjà les connaître, alors qu’ils n’ont pas encore eu leur film. Il aurait fallu penser aux gens qui débarquent et qui ne connaissent rien de l’Univers DC. De plus, les combats ne font pas du tout esprit d’équipe. Chacun se bat dans son coin, ils divisent le travail plutôt que de bastonner en s’entraidant.

II – Un méchant low-cost :

DC a sans doute de meilleurs méchants que chez Marvel (on va quand même attendre Infinity War hein) mais là… ils nous pondent un Steppenwolf en full CGI, avec une animation assez molle et un lipsync plutôt moche. Je n’ai pas compris pourquoi ils n’ont pas tout simplement bien maquillé son interprète, Ciarán Hinds, déjà que j’ai été déçu de ne pas voir le vrai démon Darkseid, tant annoncé. Peut-être que c’est pour mieux préparer son arrivée dans Justice League 2.

Image du film Justice League

III – Des effets spéciaux douteux :

En plus de Steppenwolf, Justice League regorge de fails d’effets spéciaux, ce qui est assez incroyable pour une telle production et surtout en 2017. Pour ma part, je n’ai pas trop prêté attention, même si j’étais au courant, à la bouche de Superman. Pour rappel, lors des reshots, Henry Cavill était en contrat avec la Paramount sur Mission Impossible 6, où son personnage porte une moustache. Il ne pouvait donc pas la raser, alors la Warner a décidé de le faire… en post-production ! Le tout premier plan avec Superman m’a paru effectivement étrange, mais j’ai eu pas mal de retour comme quoi, ils ont galéré pour pleins d’autres plans, où l’on voit clairement une retouche à son visage. Ensuite, quelques incrustations fonds verts se voient à des kilomètres, parfois en 1 cut : les personnages sont dans un décor réel puis le plan d’après sur un fond vert mal foutu (liés aux reshots) De plus, les doublures numériques des acteurs sont pas du tout subtiles, les mouvements sont beaucoup trop rapides.

Image du film Justice League

IV – Un montage laborieux :

J’attends avec impatience la sortie du Bluray, ou du moins de savoir si une version de Zack Snyder sera visible. En soi, les scènes marchent assez bien, ce sont les enchaînements qui m’ont perturbé. On passe d’un lieu à un autre sans grande raison, parfois même les personnages semblent s’être téléportés (aussi bien dans le temps que dans l’espace) C’est plutôt académique.

Image behind the scene du film Justice League

V – Des enjeux minimes :

Warner/DC voulaient à tout prix ne pas recopier Disney/Marvel, ne pas faire comme Avengers, pas tomber dans le cliché du monde qui se fait attaquer, que les civils soient menacés, etc… Ok, soit. C’est donc ce qui donne cette matière informe qui ne sait pas sur quel pied danser. Effectivement, les combats entre méta se font sous le regard de quelques policiers, dans une ville vide. Pareil pour le combat final, une ville entière est le terrain d’un combat important et l’on suit vite fait une famille, dont on a rien à faire. Déjà (oui je le répète !) qu’on n’a pas le droit à Darkseid, on nous refile le sous-fifre mal fait, pour adopter le chemin classique des gentils contre le méchant et ses sbires. On n’est pas loin d’un épisode des Power Rangers.

Si vous tenez vraiment à aller voir le film, sachez que quelques points positifs sont présents tout de même, comme par exemple la marvelisation n’est effectivement pas (trop) présente car les vannes sont concentrées dans le personnage de Flash, dont les scènes qui montrent son pouvoir sont plutôt intelligentes. Aussi, Aquaman pète la classe, il n’est pas réduit qu’à son physique, pas de cliché sur son décalage avec les autres, même si l’on aimerait le voir plus utiliser ses pouvoirs. Les différents héros sont pertinents, chacun sert à quelques chose, leur temps à l’écran est bien distribué. Les fins connaisseurs reconnaîtront quelques thèmes musicaux, dont celui de la série Batman. Et puis, les plus courageux pourront rester à la fin pour les scène spost-credti plutôt sympa (oui, ils ont quand même cédé de ce côté-là, mais c’est pas dérangeant)

Image du film Justice League

►Conclusion :

En résumé, Justice League n’est pas raté, mais n’est pas réussi pour autant. Je pense que Warner/DC ont encore du chemin, mais va falloir mettre les bouchées doubles, voire triples, s’ils ne veulent pas qu’on décroche trop vite. J’attends quand même la partie 2, qui j’espère, sera plus épique et mémorable que ce volet, qui pour moi reste une introduction.

Pandoxyd

Pandoxyd

Motion designer sur Paris, je passe pas mal de temps dans les salles de cinémas, toujours à l'affût de découvrir les nouvelles sorties. J'apprécie beaucoup la Science-fiction, le fantastique et le film d'animation. J'ai donc rejoint le crew de Cheeky pour apporter mon œil de cinéphile !

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