Le cinéma d’animation français est souvent en difficulté dans les salles françaises. Le studio Ankama s’était lancé dans le long-métrage en 2015 avec Dofus : Livre I, qui avait malheureusement été victime d’une mauvaise diffusion. Cette fois, ils adapte une autre licence de leur univers, plutôt pour ados-adulte : Mutafukaz.

Si comme moi vous n’avez pas lu la BD de Run, de quoi ça parle ?

Lino et Vinz sont deux ados un peu looser, dans la ville dangereuse de Dark Meat City. Après un accident de scooter, Lino commence à voir des choses étranges. Et depuis ce jour, il est recherché par d’étranges hommes en costard…

La première semaine d’exploitation est très importante pour la survie d’un film. Alors en y allant dès le début, on soutient un projet. Et il y a de quoi !

Voici les 3 raisons qui font de Mutafukaz une belle audace du cinéma d’animation français 

Affiche du film d'animation français Mutafukaz

I – Un public cible mature permettant de nouveaux thèmes :

Les films d’animation pour adultes sont rares en salles. N’emmenez surtout pas vos bambins voir Mutafukaz, car c’est ultra violent. La ville est représentée par le trafic, les gangs, l’insécurité et la saleté qui ne donne clairement pas envie d’y vivre. Vous ne serez pas en manque d’armes, d’hémoglobine et de cadavres. L’image que renvoient les personnages principaux n’est pas terrible non plus. Ils sont passifs et profiteurs de combines pour vivoter. Pourtant, tout imbriqué, cela fait paradoxalement du bien. C’est une approche originale pour raconter une histoire avec des personnages très cartoon.

II – Une oeuvre graphique tirée du monde de la BD :

L’histoire peut sembler ne pas avancer très vite, voire être confuse. C’est normal. L’expérience est surtout audiovisuelle. L’oeuvre mélange le meilleur du Japon et de la France. L’animation de certaines scènes est accompagnée d’une bande son en partie assurée par The Toxic Avenger. Les phases clippesques sont assez badass et on ressent l’amusement qu’on pu avoir les équipes du film. Avec son aspect glauque, Mutafukaz propose une ambiance cohérente. Le créateur de la BD Guillaume “Run” Renard est aux commandes de la réalisation, ce qui lui permet d’avoir un contrôle maîtrisé de l’univers présenté.

Image du film d'animation français Mutafukaz

III – Un air de film indépendant :

Ankama galèrent surtout à trouver un diffuseur, car ils ont la force de pouvoir s’auto-produire et de s’exprimer sans contrainte. C’est pourquoi la narration est décousue, certains passages sont contemplatifs, avec des phases visuelles fortes. C’est ce qui est plaisant dans ce projet, c’est qu’il a beaucoup de personnalité. C’est comme si les bizarreries de Ghibli étaient non plus enrobées de poésie, mais de violence. Cela dit, la poésie est tout de même présente, sous d’autres aspects. C’est donc une chance de pouvoir regarder ça sur grand écran.

Image du film d'animation français Mutafukaz

► Conclusion

En résumé, Mutafukaz est une sorte d’OVNI dans le paysage d’animation française. Je pense qu’il est donc important de soutenir ce genre de projet, tout simplement pour en voir plus et pour changer un peu de la dominance américaine.

Pandoxyd

Pandoxyd

Motion designer sur Paris, je passe pas mal de temps dans les salles de cinémas, toujours à l'affût de découvrir les nouvelles sorties. J'apprécie beaucoup la Science-fiction, le fantastique et le film d'animation. J'ai donc rejoint le crew de Cheeky pour apporter mon œil de cinéphile !

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