Salut tout le monde !

Après vous avoir présenté l’univers de Niels Prayer à travers une interview très enrichissante, j’ai décidé de vous faire découvrir en cette fin d’année un tout jeune et nouvel artiste que j’ai connu durant mes études à l’IIM : Il s’agit de Nicolas Sauval, FX Artist tout juste diplômé de la célèbre école 3D située à Montpellier, Artfx.

En exclusivité pour le blog de Cheeky, Nicolas Sauval revient sur son parcours dans le monde de l’animation et de la post-production, de ses premières années d’études jusqu’à ses premières missions au sein des plus grands studios parisiens.

 

Portrait du FX Artist Nicolas Sauval

Cheeky : Bonjour Nicolas, merci d’avoir accepté cette interview pour le blog de Cheeky. Peux tu nous faire une brève présentation de toi auprès des internautes qui ne te connaissent pas ?

Nicolas Sauval : Bonjour Cheeky, merci à toi de m’avoir proposé cette interview !

Alors pour me présenter rapidement, je m’appelle Nicolas Sauval, j’ai 23 ans, je suis originaire de Rouen et je suis diplômé de la promotion 2015 d’ArtFx. J’ai obtenu mon bac S SI en 2010 avec l’objectif de travailler dans le jeu-vidéo qui était ma passion première à l’époque. J’ai choisis d’aller à l’Institut de l’Internet et du Multimedia (à l’époque Institut International du Multimedia) pour poursuivre mes études, c’est d’ailleurs dans cette école que l’on s’est rencontré ! Avec le cursus très général de l’IIM, j’ai pu découvrir dès l’année préparatoire que ce qui m’intéressait le plus n’était pas l’axe Jeu Vidéo proposé par l’école mais l’axe 3D. J’ai donc arrêté de jouer afin de me concentrer dans mes études et je me suis mis à bosser à fond sur la 3D sans négliger les autres axes qui ont été très enrichissant. Après ma deuxième année, j’ai décidé d’aller à ArtFx après avoir vu le court métrage “The Archiver” qui a été un déclic pour moi ! J’ai ensuite passé 3 ans à ArtFx, perfectionnant mon niveau en 3D et en infographie de manière générale. Et me voila récemment diplômé de cette école !

Cheeky : En 2012, tu décides de changer d’école en passant de l’IIM à ArtFX ? Pourquoi ce changement de trajectoire soudain ? Qu’est ce qui différencie ces deux écoles ?

Nicolas Sauval : J’ai décidé de changer d’école car l’IIM ne me convenait plus. Cette école m’a beaucoup apporté car j’ai pu me rendre compte que je ne voulais pas travailler dans le jeu vidéo comme je le pensais mais dans la 3D. J’ai su ça grâce au côté très “généraliste” de l’école qui brasse beaucoup d’axes différents, mais cela a fait que très rapidement j’ai eu envie de me spécialiser et de m’améliorer toujours plus en tant que technicien alors que l’école privilégie avant tout la gestion de projet. J’ai donc décidé de m’orienter vers une formation plus technique comme celles proposées par ArtFx. Comme souligné auparavant, la principale différence est que l’IIM forme avant tout des chefs de projet alors que ArtFx forme des techniciens. Ca se ressent dans le cursus : il y a énormément de cours techniques à ArtFx alors que l’IIM, elle, ne forme qu’aux bases et ensuite approfondi le côté marketing tout en laissant le choix de pousser en technique les étudiants mais de manière plus autodidacte.

Cheeky : A l’issue de ta dernière année à Arfx, tu as travaillé en tant qu’’étudiant spécialiste sur 5 films de ta promotion (Robotherapy, Korser, Entre Les Lignes, Ocean Oddity et Iron Mountain).
Peux tu nous expliquer ce statut si particulier ? Comment s’organise t-on sur autant de production quand on connaît la grosse charge de travail que nécessite ce genre de film ?

Nicolas Sauval :  Le statut d’étudiant spécialiste (anciennement étudiant freelance) est un statut qui n’existe à priori qu’à ArtFx. Il consiste à donné la chance à un ou plusieurs étudiants de se sur-spécialiser. Je m’explique par un exemple concret, le mien. Depuis ma première année à l’IIM, j’ai toujours voulu me spécialiser en FX, j’adore ça et je sais depuis 5 ans que je ne veux faire que ça (ou presque). Le FX est une spécialité assez particulière : elle consiste à reproduire des effets dit “dynamiques” sur ordinateur et cela demande des calculs assez lourd (ça va de quelques secondes à plusieurs dizaines d’heures) et il faut donc être patient et tout le monde ne peut pas l’être ou ne veut pas l’être. Le statut d’étudiant spécialiste m’a permis de pouvoir faire des FX tout au long de ma dernière année, là ou, si j’aurais choisis de faire un film avec une équipe, j’aurais été amené à devoir faire d’autres étapes du pipeline comme de la modélisation, du texturing etc… De ce fait, j’ai commencé l’année avec le statut d’étudiant spécialiste. À la suite du découpage technique de chaque film (mise sur papier de tous les effets Live / CG / FX etc…. ), les équipes ont pu savoir si ils allaient pouvoir assumer ou non la totalité de ce que le film demandé en ressource (avec un planning pour chaque étudiant du groupe). Et c’est la que mon rôle intervient ! Certains groupes se sont rendu compte très vite qu’ils ne pourraient pas faire tous les FX de leur film, et dans ce cas ils pouvaient venir me voir pour me donner des plans. C’est un statut qui existe depuis plusieurs années à ArtFx et qui évolue au fil des promotions. Nous étions, cette année, 3 étudiants spécialistes : Un rigger, un FX artist et un digital compositor).

En ce qui concerne l’organisation de mon année, j’ai eu la chance de pouvoir contrôler mon planning en étant spécialiste car je pouvais accepter ou refuser des plans que l’on me proposait. Ce qui fait que le début de l’année était plutôt calme, j’ai donc eu pas mal de temps pour préparer les plans en attendant d’avoir le layout et l’animation pour pouvoir faire les FX ensuite (environ 3 mois). Tous les travaux supplémentaires “imprévus” sont arrivés lorsque j’avais des petits creux dans mes plans principaux donc tout s’est plutôt bien déroulé, à la fois par chance et par bonne gestion des plannings. J’ai même pu faire du shading pendant mes simulations qui pouvaient prendre jusqu’à 24h. Pour un plan comme celui de Korser, j’avais des fumées de 5h chacune à simuler et du feu qui pouvait prendre jusqu’à 24h, ce qui me laissait pas mal de temps pour me pencher sur d’autres plans en parallèle !

Cheeky :  Quel a été le film qui t’a posé le plus de problème et pourquoi ?

Nicolas Sauval : Le film qui m’a posé le plus de problème a été Ocean Oddity, tout simplement car c’est le film sur lequel j’étais en charge du plus grand nombre de plans ! C’est un film qui se passe dans les profondeurs et l’équipe a pris parti de jouer sur le côté “inconnu” des abysses afin de créer des effets “inédits”. Il a donc fallu inventer, designer puis créer les FX de A à Z. C’est surtout cette partie “créative” qui a été compliqué. J’ai cherché des références avec l’étudiant en charge de la réalisation afin de gagner du temps et partir avec un but précis.

Cheeky : Le film dont tu es le plus fier et pourquoi ?

Nicolas Sauval : Je suis fière de tous les films sur lesquels j’ai travaillé, pour avoir vu et suivi leurs créations, aucun ne démérite ! Mais j’ai été particulièrement heureux de travailler sur le dernier plan du film Korser car c’est un plan qui m’a été donné des le début et sur lequel j’ai pu avancer au fur et à mesure, me laissant du temps pour faire de la R&D (recherche et développement de l’effet) puis de prendre le temps de faire chaque étape correctement. Je suis aussi fier du plan pour Iron Mountain qui est tout à l’opposé du plan de Korser car on me l’a proposé en Avril et j’ai donc donné mon maximum sur les 2 derniers mois pour le finir à temps.

Cheeky : Quels sont aujourd’hui tes logiciels de prédilections ?

Nicolas Sauval : J’ai eu la chance d’apprendre un logiciel principal différent dans les 2 écoles que j’ai faite. Je suis donc capable de travailler à la fois sur 3ds Max, Maya, mais aussi Realflow et depuis un an Houdini. J’utilise aussi la suite Adobe et Nuke depuis 5 ans. Côté plugins, FumeFx et Krakatoa.

Cheeky : Tu es depuis quelques mois dans le monde actif et tu as déjà travaillé dans de grands studios parisiens tel que One More Production ou encore Mathematic, ce qui est un début de carrière qu’on pourrait qualifier d’idéal. Est ce que cela a été difficile pour toi de trouver du travail après tes études ? Est ce que ton école a été un appui de force dans ton entrée dans la vie active ?

Nicolas Sauval : C’est vrai que ce début de carrière me plaît vraiment et je tiens à remercier avant tout One More Production et Mathematic qui m’ont fait confiance.

Pour être honnête je pensais que ce serait un peu plus simple de trouver un premier travail… À la fin d’ArtFx, on a un jury professionnel où l’on montre nos films et making of lors d’une projection au cinéma, puis on a un speed dating avec les professionnels présents. J’ai donc eu la chance de rencontrer quelques boites parisiennes avant de chercher réellement du travail. Et ce qui en est ressorti était qu’en FX sur Paris, il était très facile de trouver du travail vue que la demande est en constante évolution et que la plupart des FX se font enrôler à l’étranger pour assouvir l’énorme demande des grosses productions. Or, malgré quelques prises de contact, j’ai pris 1 mois pour arriver chez One More Production. On pourrait se dire que c’est rapide, mais en vue de ce qu’on avait pu me dire lors des entretiens que j’ai eu, j’étais assez mitigé. Mais bon, une fois que j’ai eu mon premier job, tout s’est bien enchaîné !

Cheeky : Je suppose que l’ambiance, les méthodes de travail et les attentes sont différentes entre One More et Mathematic. Comment as tu vécu ces premiers mois de travail dans ces deux studios ?

Nicolas Sauval : C’est vrai que One More et Mathematic sont deux boites très différentes, rien qu’en terme d’effectif. À One More on était une dizaine alors qu’à Mathematic on était en moyenne une cinquantaine ce qui influe évidemment sur l’ambiance générale, mais j’en garde deux très bonnes expériences ! Pour être honnête, tout s’est très bien passé, il faut dire que la formation d’ArtFx et l’expérience que j’ai pu acquérir au cours des 5 dernières années m’ont bien préparé à ce début de carrière. J’ai eu la chance de trouver un travail de junior directement, sans avoir fait de stage auparavant. Je n’avais pas d’idées concrètes de ce à quoi ressemble une vraie production, je n’en avais que l’idée de la 5ème année d’ArtFx qui est faite pour ressembler à une véritable production. J’ai donc été agréablement surpris de découvrir l’écoute et l’aide que l’on peut recevoir lorsque l’on est junior. À One More j’étais en charge des FX du spot Super Mario Maker sur lequel j’ai travaillé, j’avais beau être seul sur les FX, mon superviseur était toujours présent pour m’aider et m’accompagner sur la production. Et c’était exactement la même chose à Mathematic !


Cheeky : Comment vois-tu aujourd’hui ton avenir dans le monde des effets spéciaux ? Le long-métrage, ça te tente ? Ou peut être une carrière à l’étranger ?

Nicolas Sauval : Pour le moment je préfère rester sur Paris pour être plus près de ma famille que je n’ai pas beaucoup vu durant mes études. Je vais sûrement aller prochainement à Unit Image avec qui je suis entré en contact récemment. Je suis déjà entré en contact avec des boites de Londres, je verrais dans un an si j’ai envie ou non de tenter l’expérience !

Cheeky : As tu des projets personnels en cours de création ? Si oui, peux tu nous en dire d’avantage ?

Nicolas Sauval : Pour être honnête, j’essaye de profiter de mon temps libre en ce moment pour me reposer car j’ai passé mes vacances à chercher un travail ! Je vais me mettre très rapidement sur Thinking Particle pour 3ds Max et j’appliquerais sûrement ce plugin sur un projet concret ! Je ne sais pas encore ce que ce sera…

Cheeky :  Qu’est ce que tu conseilles à ceux qui aimerait travailler dans cet univers ?

Nicolas Sauval : Pour ceux qui ont envie de se lancer dans ce milieu, il faut avant tout être sur d’être motivé à 100% ! Car pour arriver à s’en sortir il faut travailler énormément et cela demande quelques sacrifices, mais c’est cela partout ! Si on veut réussir, il faut s’en donner la chance et travailler à fond ! On a la chance de vivre de notre passion et du coup il faut avant tout être sûr d’être passionné ! Après quelque chose d’important… Être curieux ! Il faut s’intéresser à un maximum de choses comme l’art en général, la photographie etc afin de travailler son oeil au maximum !

Cheeky : Un mot pour la fin ?

Nicolas Sauval : Je tiens avant tout à te remercier Cheeky pour m’avoir donné l’occasion de m’exprimer sur mon expérience ! Je voudrais aussi remercier toutes les personnes qui m’ont permis d’être là où j’en suis maintenant. Le monde des VFX est un petit endroit et avoir des contacts est très important. Je souhaite aussi bonne chance à tous ceux qui veulent se lancer dans le monde des effets spéciaux, donnez vous à fond et vous ne le regretterez pas !

Nicolas Sauval, FX Artist

Linkedin: httpss://www.linkedin.com/in/nicolassauval

Vimeo: http://vimeo.com/nicolassauval

Cheeky

Cheeky

Fondateur et Rédacteur en chef du blog de Cheeky.
Passionné par l'animation et la science fiction depuis l'enfance, je cherche à inspirer les gens avec mes meilleurs découvertes cinématographiques et artistiques. De tous les horizons, de tous les créateurs et de tous les styles ;)

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