Monsieur Link : Laika revient avec un film en stop motion plus qu’attachant

Le stop-motion au cinéma a la vie dure. Il est peu présent et le public est moins réceptif face à ce procédé d’animation. Pourtant, il suffit de s’y aventurer pour comprendre que le rôle de raconter est le même et que parfois, il le fait même mieux. Un des studios les plus performants de la scène internationale est Laika. Travis Knight avait monté la barre très haute avec Kubo en 2016. Cette fois-ci, il produit et laisse la réalisation à Chris Butler (qui était déjà aux commandes de L’Étrange Pouvoir de Norman), pour nous faire vivre une nouvelle aventure.

 De quoi ça parle Monsieur Link ?

Monsieur Link est un être hybride : mi-homme, mi-singe. Il est très intelligent et drôle. Malheureusement, il est le dernier de son espèce. C’est pourquoi il demande de l’aide au courageux chasseur photo de créatures légendaires, Lionel Frost. Accompagnés par l’aventurière indépendante Adelina Fortnight, ils partent à la recherche d’un lieu unique, où Monsieur Link pourrait vivre en harmonie avec des cousins éloignés

Actuellement, il est apparemment le pire démarrage au box-office américain du studio. Chez le Blog de Cheeky on ne comprend pas pourquoi.

Voici 3 raisons qui font de Monsieur Link un film très attachant :

Une écriture simple mais maîtrisée :

Dans la globalité, le film ne réinvente rien. Pourtant, il se démarque dans le sens où il pioche dans des ingrédients de bonne qualité. Rien n’est laissé au hasard, il délaisse le placement d’éléments de marketing et surtout, tout est cohérent. Chaque moment compte, l’histoire est pleinement racontée sans être polluée par le rendement. J’entends par là que les gags, par exemple, sont ponctuels et n’ont pas de fonction de remplissage. Et j’ai franchement ri à plusieurs moments, sans sortir du film. 

Un parallèle avec le monde actuel :

L’histoire est soignée non seulement dans la forme mais également dans le fond. Le film a beau disperser des couleurs chatoyantes, des décors fabuleux et des personnages adorables, il n’en délaisse pas moins un vrai fond. En effet, l’histoire se déroule au siècle dernier, tout en soulevant des problématiques toujours d’actualité. Que ça soit sur l’individualisme, l’écologie, le regard des autres et même le féminisme, Monsieur Link véhicule des valeurs importantes pour les jeunes générations.

Une technique hybride innovante :

Avec Kubo, Laika avait monté le niveau technique. En effet, ils ont la facilité de mêler les prises de vue en stop-motion avec de la CGI. Encore une fois, dans Monsieur Link, le mélange est quasi invisible. Tout s’intègre parfaitement, on a du mal à discerner le vrai du faux. Même si les parties en animation image par image est plus flagrant, avec les imperfections typiques du genre. Ce qui fera le plus grand bonheur des amoureux de stop-motion.

Conclusion

À cause d’une technique plus minutieuse et qui demande plus de temps, Laika ne peut pas se permettre d’enchaîner les productions au même rythme que les autres studios d’animation. Contrairement à d’autres, il ne se laisse pas tenter par la facilité.  Ils ont pris du coup le parti d’être efficace et de soigner au maximum tous leurs films. Avec Monsieur Link, Laika montre qu’il est toujours à la hauteur et qu’il maintient une qualité irréprochable, faite avec sincérité. Le mauvais départ au box-office aux US est sans doute lié, justement, à cette forte personnalité. Les designs ne collent pas à la norme mais ont le mérite d’être originaux. C’est comme d’habitude en fait : il ne faut pas hésiter à regarder en dehors de sa bulle de confort.

Pandoxyd

Pandoxyd

Motion designer sur Paris, je passe pas mal de temps dans les salles de cinémas, toujours à l'affût de découvrir les nouvelles sorties. J'apprécie beaucoup la Science-fiction, le fantastique et le film d'animation. J'ai donc rejoint le crew de Cheeky pour apporter mon œil de cinéphile !

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