Spécial Annecy 2019 : Focus sur 5 longs métrages en compétition

La semaine au Festival d’Annecy 2019 a été bien remplie. Le palmarès est désormais connu de tous, c’est pourquoi nous souhaitons revenir sur 5 longs-métrages en compétition que nous avons vus. Malheureusement, avec les plannings hyper serrés, nous avons eu des ratés et on a dû abandonner des séances. Cela concerne notamment le grand gagnant J’ai Perdu Mon Corps, de Jérémy Clapin, dont nous ne parlerons pas ici.

(France-Italie) La Fameuse Invasion des Ours en Sicile, de Lorenzo MATTOTI :

Les nounours trop mignons

L’ours Leonce apprend à son fils Tonio comment capturer le saumon. Mais il lui suffit de détourner le regard quelques secondes et Tonio disparait de la rivière, capturé par des hommes. Leonce rassemble alors tous ses semblables et décide de rejoindre le monde des humains pour retrouver son fiston…

Lors du Showeb de rentrée 2018, j’ai vu la bande-annonce avec des plans non terminés. J’ai pu enfin voir le film en entier, seulement quelques mois plus tard.

Dès le premier jour du Festival, j’ai passé un super moment. Le film me tape direct dans le cœur par son abondance de couleurs chatoyantes, mais pas que. La direction artistique est très mimi, qui rend les ours très mignons. Les personnages humains quant à eux ont des formes bien distinctes selon la personnalité. Une grande préférence pour le Magicien, qui garde un aspect classique mais terriblement efficace. Visuellement, le travail se concentre sur des sortes de tableaux. Souvent par exemple , les phases d’actions se construisent avec des répétitions graphiques et des compositions chorales très entrainantes. L’histoire, pour ceux qui comme moi n’ont pas lu le livre, est un véritable conte, avec de bons rebondissements. Et quand on croit que c’est fini, ça ne fait presque que commencer. L’ambiance est agréablement tout public, c’est-à-dire ni trop simple, ni trop compliquée.

(France) Les Hirondelles de Kaboul, de Zabou BREITMAN et Éléa GOBBÉ-MEVELEC :

Une aventure humaine bouleversante

L’histoire d’un gardien de prison, dont la femme est mourante, et d’une jeune femme, qui avec son mari rêve de liberté. Tous deux vont se retrouver liés malgré eux, sous l’occupation talibane de Kaboul.

Lors de l’édition précédente du Festival, nous avions eu la chance de réaliser une interview exclusive des réalisatrices, quand leur projet n’était encore qu’en W.I.P. Donc très heureux de visionner le film terminé.

Une animation 2D traditionnelle et française qui fait du bien. Déjà l’année dernière, Parvana avait fait fort en terme de dureté sociale, mais était tout de même amortie par les parties « conte ». Ici, aucun moyen d’échapper à la réalité, on prend la dure vie en pleine face. Un récit très bien monté, qui nous permet de suivre les aventures de deux couples que tout oppose. L’immersion est totale, on est pris aux tripes à chaque seconde, grâce aux sons d’ambiance parfaitement mixés. On en ressort bouleversé car on sait que des personnes vivent ce drame en ce moment-même, en 2019. Un beau film qui nous montre que l’animation est un support narratif, avant d’être un média pour enfant.

(Chine) White Snake, de Amp WONG et Ji ZHAO :

La démonstration technique de la Chine

Une jeune femme-démon et un simple humain tombe amoureux l’un de l’autre. Mais leur amour peut-il exister ? Un célèbre conte chinois remis au goût du jour.

Rien que la miniature sur les réservation de la billetterie annonçait une claque visuelle. Et ils ne nous ont pas menti.

Ils se font bien plaisir sur l’animation, les VFX, les slow motion. La Chine a le savoir-faire, c’est très encourageant pour l’avenir du marché du film d’animation. Mais voilà, il y a beau avoir des plans magnifiques, des mouvements de caméra qui tuent, je n’ai pas été happé par l’histoire. La partie fantasy est ce qu’elle est, ça permet d’explorer la culture chinoise. Par contre, le montage n’est pas toujours à la hauteur, ce qui rend la narration parfois confuse. C’est dommage, car c’est pourtant très intéressant.

(Danemark) Mon Ninja et Moi, d’Anders MATTHESEN et Thorbjørn CHRISTOFFERSEN :

La surprise du chef

Fabriquée par un enfant dans une usine en Thaïlande, une peluche ninja prend vie. Elle débarque dans la vie d’Alex, un collégien à la vie normale, avec des problèmes communs. La peluche va alors l’aider à les résoudre, mais en échange, a besoin de lui pour assouvir une vengeance

Tout le monde s’attendait à un sous-Toy Story et pourtant…

C’est la plus grosse surprise du Festival. L’animation et le rendu sont corrects sans être fous. Cependant, tout l’humour noir injecté dans l’histoire est hyper rafraîchissant. Ternet Ninja (titre pour la compétition ou encore Checkered Ninja en VO) arrive à mêler code de l’animation classique et regard acide sur la société actuelle. Les gags font mouches car ils sont très contemporains et bien amenés. C’est à la limite du trash, voire du politiquement correct par moment, dans un rythme entraînant, où tout se suit de façon surprenante.  Les personnages sont diablement attachants, on ne voit pas le temps passer

(Lettonie) Away, de Gints ZILBALODIS :

l’incompréhension artistique

Un road trip haletant, où un garçon échoué dans un monde aux allures chimériques se retrouve poursuivi par une créature humanoïde. Si ses intentions ne sont pas claires, une chose est sûre : elle est malfaisante.

Ma plus grosse déception. J’attendais beaucoup de ce film, car l’affiche était sublime.

Pour commencer, soyons honnête : il n’y a pas d’histoire, ou est très mal racontée. Certains plans et actions semblent complètement incohérents et confus, ce qui amène rapidement de l’ennui. Gints Zilbalodis a été très ambitieux d’avoir réaliser son long métrage seul, malheureusement l’animation assez approximative ne pardonne pas sur un long-métrage. Beaucoup de principes de base semblent avoir été oubliés. De plus, le protagoniste a toujours la même expression niaise, tout en restant muet. Seul des bruits d’ambiance et une musique inquiétante comblent ce silence, qui aurait pu être intéressant, s’il ne rendait pas le film encore plus interminableEnfin, les rendus 3D sont plats, sans aucun relief ou ombre, avec des décors où les personnages flottent qui rajoute de l’incompréhension globale.

En conclusion, les longs en compétition que nous avons vu permettent de voir un large panel de ce que l’animation internationale peut nous proposer aujourd’hui. Du bon comme du moins bon, mais toujours dans l’optique de chercher de nouvelles idées. Nous avons hâte de retrouver cette richesse l’an prochain !

Pandoxyd

Pandoxyd

Motion designer sur Paris, je passe pas mal de temps dans les salles de cinémas, toujours à l'affût de découvrir les nouvelles sorties. J'apprécie beaucoup la Science-fiction, le fantastique et le film d'animation. J'ai donc rejoint le crew de Cheeky pour apporter mon œil de cinéphile !

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