Le Roi Lion (2019) : La prouesse technique au détriment de l’émotion ?

Disney continue d’adapter ses grands classiques en live-action, bien qu’ici, ça soit un peu spécial … En effet, c’est techniquement un film entièrement fait en image de synthèse. Son réalisateur Jon Favreau (le même qui lançait le MCU avec Iron Man en 2008) avait déjà pu l’expérimenter sur Le Livre de la Jungle. Néanmoins, l’intérêt y était déjà plus compréhensible car il y avait une interaction avec Mowgli et les humains. Après un trailer qui tapait directement dans notre nostalgie, qu’est-ce que Le Roi Lion 2019 peut nous proposer ? C’est ce que nous allons voir ici.

Pour ceux qui n’auraient pas vu Le Roi Lion original, de quoi ça parle ?

En Afrique, la Terre des Lions est gouvernée par Mufasa et Sarabi. Ils ont convié toute la savane pour assister à la naissance du petit Simba. Son père lui apprend l’art de régner et le prépare tranquillement à la succession. Cependant, de son côté, le frère du Roi, Scar, ne rêve que de prendre sa place. Il va alors élaborer un plan pour accéder à tout prix au trône

Les premières bandes-annonces ont fait mouche et nous ont révélé un potentiel dingue. Plutôt que de vous présenter X raisons d’aller voir ce film ou de ne pas y aller (comme on le fait d’habitude), nous allons essayer de comprendre l’intérêt de ce Roi Lion version live-action et ses limites.

C’est sans doute LA claque technique de l’année. Disney a poussé encore plus loin les limites de l’imagerie numérique, pour nous proposer un univers photo-réaliste jamais vu auparavant. Les animaux sont fidèles à la réalité, dans le sens où le rendu de leur design se confond quasiment avec une photographie. De plus, l’animation est grandement travaillée, jusque dans les moindres détails de comportement animal. Et ça marche pour tous les animaux, aussi bien les mammifères que les insectes. Les décors aussi ne sont pas en reste car on pourrait croire que ça a été filmé dans la nature. Il en va de même pour le vent, la pluie, le feu, l’eau, etc… La première scène vous scotchera sans hésitation. Mais une fois l’introduction passée…

Il faut savoir que l’histoire du Roi Lion 2019 est à l’identique à celui de 1994. Donc si vous avez vu le premier film, ne vous attendez pas à des surprises. Pas de prise de risque, les fans hardcore puristes ne seront donc pas déçus. C’est à 90% du plan par plan, tant le découpage d’origine est excellent, l’aspect graphique en moins. Ils se sont permis de rallonger quelques scènes et d’en rajouter une vraiment inédite, pour atteindre les deux heures (contre 1h29 de base) Des changements par-ci, par-là permettent de varier sans altérer le fond. C’est notamment à travers les nouvelles blagues de Timon et Pumbaa que le film se modernise un peu plus. Et pour info, on l’a vu en VOST, donc on ne parlera pas des voix françaises.

Là où ça coince vraiment, c’est la confrontation des deux. Vous avez d’un côté des animaux National Geographic et de l’autre des dialogues accompagnés de chansons entraînantes. Les animaux sont tellement respectueux de la réalité, qu’ils n’ont pas d’expression faciale. Leur bouche bouge à peine, juste histoire d’être synchronisée. Ce qui fait plus penser à un reportage avec en fond des voix-off basées sur Le Roi Lion. L’émotion ne passe pas ou alors seulement via nos souvenirs de la version animée. Telle scène ou telle réplique vous fera penser au film de votre enfance, mais les actings tels quels n’arrivent pas à transmettre grand-chose (si ce n’est de la mignonnerie concernant les bébés lions).

Conclusion

En conclusion, le film est exactement ce à quoi on s’attendait. Une démonstration technique de deux heures, qui vous fera penser explicitement au Roi Lion d’il y a 25 ans. Pour le coup, le remake de Dumbo par Tim Burton avait réussi à réinventer le film, sans dénaturer le fond. Ici, l’œuvre sacrée n’est tellement qu’une copie, que l’intro seule aurait suffi pour nous en mettre plein la vue. Comme un fan-art d’hommage, qui aurait été posté sur Internet. Alors faut-il le voir ? Si vous arrivez à vous contenter de chanter vos chansons favorites, et/ou que vous appréciez les images époustouflantes, vous pouvez passer un bon moment. Sinon, l’intérêt du film est assez bof. On sait au moins que maintenant les doublures numériques d’animaux pourront être au point pour des films avec acteurs.

En tout cas, Disney a décidé de participer à la sauvegarde des grands félins d’Afrique, avec leur programme Gift For Change. Il fait fabriquer par des personnes en situation de handicap (leur permettant donc de s’insérer dans le monde du travail) des petits bracelets à l’effigie de Simba. Chaque vente de ces bijoux entièrement écoresponsables reversera 1€ à l’organisation Panthera. Cela permettra de préserver les lions réels, afin d’éviter de les voir qu’en imagerie numérique 😉

 

Pandoxyd

Pandoxyd

Motion designer sur Paris, je passe pas mal de temps dans les salles de cinémas, toujours à l'affût de découvrir les nouvelles sorties. J'apprécie beaucoup la Science-fiction, le fantastique et le film d'animation. J'ai donc rejoint le crew de Cheeky pour apporter mon œil de cinéphile !

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