J’ai Perdu Mon Corps : le nouveau souffle du film d’animation adulte ?

Nous l’avions raté à Annecy 2019. Alors qu’il a gagné le Prix du Public et le Crystal, en plus de son Prix de la Semaine de la Critique de Cannes. Heureusement, on se rattrape et on a vu J’ai Perdu Mon Corps lors de la cérémonie d’ouverture de la Fête du cinéma d’animation, à Montreuil. Nous avons pu d’ailleurs, via le producteur Marc Du Pontavice, obtenir une interview exclusive du réalisateur Jérémy Clapin, que vous pouvez retrouver sur le blog juste ici.

Alors ça parle de quoi J’ai Perdu Mon Corps ?

Adapté du livre Happy Hand de Guillaume Laurent (également co-scénariste sur le film), le long-métrage d’animation raconte deux aventures en parallèle. Tout d’abord, celle de Naoufel, un ado au parcours tumultueux, qui découvre son premier amour. Ensuite, une main, qui cherche désespérément son corps. Deux vies semées d’embûches, explorant une réalité qui joue avec le destin…

Même si tout le monde en a parlé en juin, tout le monde continuera d’en parler dès le 6 novembre.

Voici 3 raisons qui font de J’ai Perdu Mon Corps le nouveau souffle de l’animation adulte :

Une technique innovante au service d’une l’histoire émouvante

En général, un long métrage d’animation qui teste de nouvelles techniques se concentre sur l’expérience visuelle. Pour ce film, ils ont utilisé le logiciel libre Blender 3D, afin de créer un aspect hybride 2D et 3D. Le résultat convainc totalement, néanmoins, la narration reste tout de même au centre. On suit des personnages touchants, on s’attache à eux, les enjeux sont explicites, on a un début et une fin. Un véritable récit, enfin plutôt deux, avec un bon fil conducteur.

Une intrigue simple mais efficace au service de l’immersion

Là où l’animation adulte tend vers des sujets politiques ou métaphoriques, le thème choisi ici frappe le plus avec sa simplicité : le quotidien. Les personnages évoluent tout simplement dans des scènes concrètes, où tout le monde peut s’identifier. Les points de vue offrent un recul sur des actions tout à fait normales, nous poussant à y croire à fond. Il ne s’agit pas de la froideur de la réalité, au contraire. L’aspect contemplatif permet de ressentir toute l’émotion de chaque instant de pleins vues différentes. 

Une bande-son captivante au service de l’animation

Malgré l’aspect très visuel du support, l’animation se complète toujours avec le son. Ici, le sound-design accompagne de près chaque action, chaque mouvement, avec un réalisme impressionnant. Les dessins se dotent ainsi d’un vrai poids, d’une vraie portance. Rajoutez à cela une musique sublimement envoûtante signée Dan Lévy. Ce dernier nous offre une atmosphère planante surprenante mais qui trouve son sens à travers la trame, saupoudrée de rap français percutant. 

Conclusion

J’ai Perdu Mon Corps mérite totalement tous ses prix. L’aventure inédite et inattendue racontée respire l’intelligence technique et narrative. La réalisation nous fait accepter ce qu’il se passe à l’écran et nous fait notamment ressentir de l’empathie pour une main seule. Un pari risqué, mais qui apporte au cinéma français et à l’animation adulte tout particulièrement, un nouveau souffle. J’espère que ce film ouvrira de nombreuses pistes pour la suite de cette industrie, sujette à un manque de prise de risque récurrent. Allez le voir en salle et si vous n’êtes pas en France, vous l’aurez sur Netflix prochainement.

Pandoxyd

Pandoxyd

Motion designer sur Paris, je passe pas mal de temps dans les salles de cinémas, toujours à l'affût de découvrir les nouvelles sorties. J'apprécie beaucoup la Science-fiction, le fantastique et le film d'animation. J'ai donc rejoint le crew de Cheeky pour apporter mon œil de cinéphile !

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